Dimanche soir, Capital consacrait une émission au luxe (un peu bling bling si possible), et parmi les reportages, un était consacré au Champagne. Bien que n’étant pas devant ma télé dimanche soir, j’ai pu regarder l’enquête grâce au site M6 Replay (je crois que les émissions restent 15 jours en lignes, il faut donc faire vite). Et le reportage était pour le moins surprenant.
Le reportage démarre sur la traditionnelle séquence en boîte de nuit où l’on voit un fils à papa de 19 ans s’offrir 2 jéroboams d’Amour de Deutz à 1500 euros pièce, servis avec force feux d’artifice, et musique de Star Wars au maximum… On appréciera le bon goût… Face à la caméra le jeune homme explique que si il commande cela c’est pour, je cite, « impressionner les gens« . « Mais pourquoi ? » lui demande la journaliste, et notre jeune monégasque de répondre : « Je sais pas c’est amusant…« . Ah l’ambiance décontractée et toute en retenue de la côte d’Azur !
Le reportage se poursuit et évoque ces cuvées de prestige qui font la joie des boîtes de nuits et surtout celle du portefeuille de leur gérant. Après un petit passage par la maison Roederer pour évoquer la cuvée Cristal, et nous voilà chez Cattier pour évoquer la cuvée Armand de Brignac. Une cuvée dont j’ai déjà parlé sur le blog, et qui a été conçue sur mesure pour plaire aux rappeurs américains. Le Brut Armand de Brignac est vendu près de 300 euros !
Mais c’est ensuite que l’on découvre la perle : la cuvée Luxor. Et ça, chers lecteurs, ça vaut le détour (ça commence à la 17e minute de l’émission). La cuvée Luxor, c’est un champagne dans lequel on trouve environ 0,1 g de paillettes d’or. Si il s’agit d’ailleurs de Champagne à l’origine (la cuvée Brut de chez Drappier), le vin perd son appellation après la petite opération top-secret-défense pour transformer le Drappier en Luxor. Le « créateur » du Luxor a refusé de dévoiler ses secrets de fabrications aux caméras de M6, et l’on simplement pu voir des cartons contenant des bouteilles de brut Drappier en verre vert entrer dans une salle. Quelques instants plus tard, sortent des bouteilles en verre blanc contenant du vin mousseux mélangé à un peu d’or (d’une valeur estimée à 5 euros par Capital). On n’en saura pas plus, mais l’on peut légitimement imaginer que derrière la porte on se contente de verser la bouteille Drappier dans une nouvelle bouteille et que l’on ajoute au passage la dose d’or et une petite liqueur. Il faut reconnaître que visuellement cela peut avoir un certain charme, mais je dois dire que le nom, Luxor, est un brin lourdaud. Quant au prix, environ 250 euros, c’est une triste plaisanterie, puisque à la louche, la bouteille de Brut Drappier doit valoir autour de 15 euros, auxquels il faut ajouter la bouteille en verre et l’habillage qui valent chacun au grand maximum 1 euro. Ce qui fait donc un total de 22 euros en comptant les paillettes d’or… Evidemment tant qu’il y a des clients prêts à acheter cher tout ce qui brillent…
La fin du reportage était également étonnante, avec un jeune homme de 19 ans dont le job consiste à trouver des bouteilles rares (Cristal Roederer, Dom Pérignon, Amour de Deutz, Comte de Champagne Taittinger…) sur d’autres marchés (Etats-Unis notamment) et à les revendre ensuite aux boites de nuit et aux plages privées de la côte d’Azur qui les facturent plusieurs centaines ou milliers d’euros à leurs riches clients. En dehors du personnage qui semble d’une modestie tout à fait mesurée, ce cas illustre parfaitement la gestion parfois étonnante de la rareté par les maisons de Champagne…









Champenoise installée à Paris, j’ai lancé mon site de vente de vente de champagne ( Plus de Bulles ). Sur ce blog, je raconte l’aventure que constitue la création d’une entreprise, de l'administratif au marketing en passant par des moments plus agréables comme le choix et la dégustation des différentes cuvées de champagne de la boutique !...
J’ai bien ri également en visionnant ce reportage.
Je passe rapidement sur les happy-few en boites de nuit qui étaient d’une caricature sans nom.
Sur Luxor, il faut aussi signaler qu’ils ajoutent « une liqueur » au Drappier pour obtenir le produit fini (en gros, du glucose). De plus, si mes souvenirs sont bons et selon les lois européennes en vigueur, seul un alcool a une dérogation pour mettre des paillettes d’or dans son produit : la Goldwasser ! (info à vérifiée mais je ne retrouve plus le texte en question).
Pour le jeune qui achète ses bouteilles aux USA pour les revendre en France, outre la gestion chaotique de la rareté chez les maisons de Champagne, je crois qu’il n’a pas mesuré l’importance d’un passable TV, les Douanes vont s’en donner à coeur-joie de vérifier son « business » :/