iStock_000004610961XSmallLe Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne a annoncé les chiffres de l’année 2009, qui finalement n’a pas été une année si mauvaise que cela.

Ainsi en 2009, 293,3 millions de bouteilles ont été vendues, une baisse de 9,1 % par rapport à l’année 2008 où 322,4 millions de bouteilles avait été écoulées. Un chiffre presque inespéré quand on sait que fin septembre, la baisse atteignait 19 % en volume (et même 40 % hors Europe). Fort heureusement les ventes ont décollé en novembre et décembre, avec 97,5 millions de bouteilles expédiées sur cette période, en progression de 5,9 % sur un an. Un chiffre qui prouve que les revendeurs ont attendu le dernier moment pour refaire leur stock.

Le marché français reste stable, avec 181 millions de bouteilles écoulées, et reste de loin le premier marché du champagne, et finalement son principal pilier. Les (grandes) marques qui ont peu à peu abandonné la France pour se lancer à l’abordage des nouveaux marchés, réputés plus juteux, se mordent un peu les doigts aujourd’hui. Ainsi le marché de l’Union Européenne enregistre une baisse de 17,4 %, tandis que hors Europe, le repli est de 25,1 %). La confirmation malheureuse que les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil n’ont pas apporté le relais de croissance attendu.

Côté chiffre d’affaire, le bilan est plus contrasté que du côté volume, une évidence qui s’explique par la baisse significative des ventes des cuvées prestige, et par les promotions organisées ici et là (qui a parlé du champagne à moins de 10 euros dans les supermarché français ?).

Enfin, la part des maisons de champagne est en diminution de 9,7 %. Celles des vignerons et des coopératives, plus présents sur le marché français, n’a elle baissé que de 7,9 %.

Malgré ces chiffres finalement pas si mauvais, la maison Piper-Heidsieck a récemment annoncé la suppression de 25 % de ses effectifs, soit le licenciement de 45 personnes sur les 160 actuellement employées. Une décision prise suite à la baisse de 42 % de son chiffre d’affaires. « Nous ne sommes pas compétitifs sur le segment d’entrée de gamme. Nous allons nous recentrer sur le business premium. Ce qui va restreindre l’activité » explique Anne-Charlotte Amory, présidente de Piper-Heidsieck. Une décision qui mise donc sur la l’augmentation de la marge plutôt que sur le volume (Piper prévoit une diminution de sa production de 2 à 3 millions de bouteilles). Un choix courageux en temps de crise, et qui s’annonce compliqué car n’est pas Dom Pérignon qui veut et vendre des cuvées haut de gamme (c’est-à-dire chère et (un peu) rare) n’est pas si simple qu’il y paraît. A ce petit jeu, Laurent-Perrier s’est brûlé les ailes en doublant du jour au lendemain les prix de son grand Siècle.

Le champagne Piper-Heidseick, filiale depuis 1988 du groupe Rémy Cointreau, exploite 65 hectares de vignes, pour une production de 9 millions de bouteilles (dont 80% part à l’exportation). Son chiffre d’affaires était de 138 millions d’euros en 2009.