La maison Laurent-Perrier a annoncé ses résultats pour son premier trimestre fiscal. Si les ventes ont bondi de 17% par rapport à la même période l’année dernière (avril-mai-juin), pour atteindre 36,8 millions d’euros, la part des cuvées premiums a diminué. Une hausse qui ne permet pas encore de rattraper l’excellente année 2008 où le groupe avait réalisé un CA trimestriel de 41,8 millions d’euros.
Le Brut Laurent-Perrier en hausse
Le Brut Laurent-Perrier, le premier prix de la maison (sans parler de la maison Delamotte, filiale du groupe) s’est donc taillé la part du lion dans les ventes, faisant chuter le prix moyen de la bouteille Laurent-Perrier vendue de 24%.
Même chose du côté du groupe Vranken-Pommery qui bénéficie à plein de la hausse de 14% des ventes de champagne au premier semestre 2010. La maison rémoise améliore son CA semestriel de 45,4 % à 120,7 millions d’euros (en glissement annuel). Un bémol toutefois, c’est Listel qui tire le groupe vers le haut, puisque si on retire la célèbre marque de vin rosé, la progression est ramenée à 10,4 %, inférieure donc à celle du champagne en général. Paul-François Vranken, le président du groupe, constate également une baisse du prix moyen de la bouteille, mais est optimiste : « Ceci est en train de s’estomper. On assiste à un retour vers les grandes marques et les cuvées de prestige« . Une hausse du volume qui se fait donc au détriment du prix et de la marge, une situation qui touche la plupart des producteurs de champagne, contraint de revoir le prix de certaines cuvées haut de gamme.
Des tarifs en question
Les spécialistes du marché du champagne voient d’ailleurs dans la politique de prix la principale équitation à résoudre dans les mois (années) qui viennent pour les maisons de Champagne et dans une moindre mesure pour les vignerons. Car les prix ont fortement grimpé au cours de la dernière décennie, et les consommateurs ne semblent plus nécessairement pouvoir s’offrir des cuvées à plus de 35 euros la bouteille, ou pire, ne semblent plus trouver d’intérêt à mettre cette somme dans du champagne face à la concurrence des autres vins pétillants.
Champagne vs. Viagra
La concurrence des vins pétillants de France ou d’ailleurs (Espagne, Italie, Californie…) se fait de plus en plus présente, avec des prix sensiblement inférieurs à ceux du champagne et une qualité en hausse constante. Et quoi qu’en dise Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la maison du même nom et jamais avare de bons mots, pour qui le principal concurrent du champagne n’est pas le mousseux mais le viagra, les autres vins effervescent ont indéniablement le vent en poupe.
Déstocker avant tout
Même si le gros de la crise semble derrière la Champagne, la preuve en est avec une appellation 2010 en légère hausse, il semble que la prudence soit de mise, et beaucoup de maison cherchent encore à déstocker plutôt qu’à augmenter les volumes. J’ai d’ailleurs croisé ces dernières semaines des piles entières de cartons de champagne de grandes maisons dans les supermarchés de la région, des maisons habituellement introuvables en grandes surfaces, et il ne s’agissait clairement pas de champagne qui aurait beaucoup voyagé, mais plutôt de palettes écoulées rapidement par quelques grandes maisons en mal de place dans leurs caves (ou de liquidités…) et qui limitent cette pratique à la région.




















Champenoise installée à Paris, j’ai lancé mon site de vente de vente de champagne ( Plus de Bulles ). Sur ce blog, je raconte l’aventure que constitue la création d’une entreprise, de l'administratif au marketing en passant par des moments plus agréables comme le choix et la dégustation des différentes cuvées de champagne de la boutique !...
Les prix ont exagérément monté en Champagne au cours des dernière années, il était inévitable qu’un ajustement des tarifs s’opère à un moment ou un autre. Ce n’est pas l’amateur de belles cuvées qui s’en plaindra !