François Bachelot, est responsable d’édition vin chez Hachette, à ce titre il est en charge du célèbre Guide Hachette des Vins. Il a bien voulu répondre à mes questions et présenter cette mouture 2011.
Interview en 2 parties, la première partie se trouve ici.
A l’orée d’une nouvelle décennie, y a-t-il des tendances marquantes, qui vont prendre de l’ampleur ?
Le bio, sans nul doute : chaque année, de plus en plus de vins bio sont sélectionnés dans nos colonnes, et au vu du nombre d’exploitations en cours de conversion, le phénomène devrait encore s’accentuer. Le rosé et les effervescents, deux types de vins qui ont le vent en poupe, confirment également leur bonne santé, et ce un peu partout en France.
Que pensez du vin bio, comment et pourquoi le choisit-on ?
Je crois qu’on a maintenant dépassé le stade du bio « marketing ». Ceux qui prennent cette voie, avec les risques et les surcoûts qu’elle implique, le font dans une vraie démarche de recherche d’authenticité, d’expression du terroir… et d’hygiène aussi. N’oublions pas que la première personne exposée aux produits chimiques répandus dans la vigne, c’est le viticulteur ! Ensuite, est-ce que le bio est meilleur que le non bio ? Bien malin qui peut le dire, encore moins le prouver. Il y a du mauvais comme du bon. Il faut prendre cela comme une démarche globale : si le vigneron s’attache à mieux travailler ses vignes, il fera dans la plupart des cas du meilleur vin. En résumé, c’est comme un « supplément d’âme » dans la bouteille.
Il n’y a pas qu’un champagne
Pour parler plus précisément de la Champagne, comment jugez cette région et ses vignerons ?
La Champagne est sans doute finalement assez mal connue du grand public. Certains lecteurs sont parfois étonnés du nombre de cuvées sélectionnés dans le Guide (800 cette année, provenant de quelque 500 producteurs). Il n’y a pas qu’un champagne, il y en a de tous les styles et pour tous les goûts, et c’est cela que nous nous attachons à faire connaître. Et nous faisons côtoyer grandes maisons et « petits » (par la taille !) récoltants-manipulants dans nos colonnes, pour bien rendre compte de cette diversité.
Le champagne peut-il s’imposer comme un vin de gastronomie ou reste-t-il cantonné à l’apéritif ?
Les champagnes sont évidemment de grands vins de gastronomie, qui se prêtent à de multiples accords. Nous nous efforçons d’ailleurs pour la plupart des cuvées sélectionnées dans le Guide de suggérer des alliances gourmandes (foie gras, crustacés, viande blanche en sauce, salade de fruits…) ou, à défaut, des « moments » de dégustation (plutôt un champagne d’apéritif, de dessert, pour tout un repas…).
Ne pas céder aux sirènes des bas prix
Quels sont vos coups de cœurs Champagne ?
Quinze coups de cœur décernés en Champagne cette année. Des grandes marques (Bollinger, Dom Pérignon, Pol Roger… pour connaître les cuvées exactes, se procurer le Guide !) comme des champagnes de vignerons moins connus.
Quels conseils pouvez-vous donner aux amateurs de champagne qui sont parfois un peu perdus face à des rayons proposant des dizaines de cuvées ?
Ne pas céder aux sirènes des bas prix. Le champagne est un vin qui demande du travail, dont le coût se répercute forcément sur le prix de la bouteille. Savoir aussi ce que l’on veut : un brut sans année pour une occasion simple ou une cuvée millésimée pour un événement ? un rosé ou un blanc ? un brut, voire un non-dosé pour l’apéritif, ou un demi-sec pour le dessert ? Et puis, la vérité est toujours dans la bouteille. Pourquoi ne pas acheter une bouteille pour goûter, et y revenir si l’essai est concluant ? Autre solution, se fier à son guide d’achat préféré…
Les variations sur l’année sont surprenantes
Faut-il faire vieillir le champagne ?
Les champagnes ont la réputation de ne pas être faits pour vieillir. Évidemment, cela dépend du type de champagne. Les millésimés devront en général être gardés quelques années. Il serait vraiment dommage de boire aujourd’hui les 1996, et certains 1988 ou 1990 sont encore pleins de fraîcheur. Pour les bruts sans année, c’est une autre histoire, ils peuvent être consommés plus rapidement. Une bonne expérience consiste à en acheter plusieurs bouteilles et à les boire régulièrement sur une année : les variations sont souvent surprenantes. En tout état de cause, garder impérativement les champagnes à l’abri de toute lumière, car ces vins sont particulièrement sensibles et prennent vite le fameux « goût de lumière » (goût de croupi, de renfermé) qui n’a de poétique que le nom !









Champenoise installée à Paris, j’ai lancé mon site de vente de vente de champagne ( Plus de Bulles ). Sur ce blog, je raconte l’aventure que constitue la création d’une entreprise, de l'administratif au marketing en passant par des moments plus agréables comme le choix et la dégustation des différentes cuvées de champagne de la boutique !...
J ai acheté un vin de valencay recommandé par votre guide et je me demande comment on peut recommander un vin aussi mauvais qui coute + de 5E et qui s apparente plutot à un breuvage totalement dépourvu de qualité gustative si votre guide n est pas + sérieux il vaudrait mieux pour vous de changer de métier salutations