Rencontre avec Dominique Demarville

Lors de la présentation des coffrets de fin d’année par les maisons LVMH, j’ai eu la chance de croiser Dominique Demarville, le chef de cave de la maison Clicquot. Je l’avais déjà rencontré il y a quelques années à l’occasion d’une interview au long cours pour le blog au cours de laquelle il m’avait dévoilé les coulisses de la maison. Cette fois nous avons évoqué les vendanges 2012, les prochaines Cave Privée Veuve Clicquot ainsi que le nouveau millésime de La Grande Dame.

De nouvelles Caves Privées

Contrairement à de nombreux acteurs de la Champagne, Dominique Demarville est loin du catastrophisme ambiant concernant cette vendanges. « Il est tout à fait possible que l’on millésime cette année, et que ce soit un grand millésime. Les parcelles qui ont été épargnées par les intempéries sont très saines et vont donner de très beaux raisins ». Il n’y a pas que la qualité qui soit au rendez-vous chez Veuve Clicquot. « La vendange ne s’annonce finalement pas si mal, on devrait récolter autour de 9000kg/h en moyenne sur le domaine Clicquot ». Même les 12h cultivés en bio sont relativement épargnée et devraient donner autour de 7000kg de raisin par hectare.
Du coté de la cave, c’est le nouveau millésime de La Grande Dame qui fut au centre de la conversation. « La Grande Dame 2004 est une cuvée axée sur l’élégance, la finesse, contrairement au millésime 1998 qui i avait plus d’épaule, plus de carrure, et qui en ce moment est un peu sur la réserve. Je conseille d’ailleurs de le conserver pour plus tard, alors que le 2004 est déjà très agréable et très ouvert ». Du côté de la collection de vieux millésimes Cave Privée, Dominique Demarville confie que les années 1979 et 1995 seront bientôt proposées aux amateurs éclairés, tandis que le 1996 attendra encore un peu dans les crayères de la maison.

LVMH Tour 2012

La semaine dernière les maisons appartenant au groupe LVMH présentaient leur coffrets de fin d’année et leurs nouveautés. Dom Pérignon, Moët et Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot et Krug rivalisaient d’audace et de fantaisie pour présenter à la presse les cadeaux à mettre au pied du sapin et/ou à déguster à la fin de l’année.

Le magnifique Joseph

Du côté de chez Krug, c’est la Grande Cuvée qui sera à l’honneur avec le Coffret Joseph (env. 200 €). Un coffret qui comprend un flacon de Grande Cuvée donc, mais aussi 2 verres en cristal signés Riedel réalisé spécialement pour la maison rémoise. Des verres dont la création nécessita une première réalisation de 15 prototypes qui furent testés lors d’une dégustation. Deux modèles furent retenus et donnèrent naissance à 13 nouveaux verres qui furent testées et jugées jusqu’à ne retenir qu’un modèle. La maison Krug décida de le baptiser Joseph, du nom du fondateur. Un superbe écrin, que l’on pourra réutiliser ensuite pour transporter une nouvelle bouteille de Krug et ses 2 très beaux verres. Cette présentation était aussi pour moi l’occasion de goûter une nouvelle fois cette cuvée mythique. Et comme à chaque fois je suis fascinée par la profondeur, l’intensité et la densité de ce champagne. La Grande Cuvée Krug est probablement le plus beau trait d’union entre le champagne et le vin.

Interpréter le style Ruinart

C’est ensuite vers l’alcôve Ruinart que je me suis tournée pour y découvrir le coffret Interprétation, dans une déclinaison Rosé. Conçu de la même manière que la version Blanc de Blancs, le coffret Interprétation Rosé Ruinart invite à une exploration olfactive des multiples facettes du Brut Rosé. Elaboré en partenariat avec les nez d’IFF, un grand nom de la parfumerie mondiale, l’Interprétation du Ruinart Rosé décline ses notes de rose damazscena, litchi, pamplemousse rose, grenade, goyave, framboise, cerise et menthe. Un coffret ludique et qui permet d’apprécier mieux peut-être le Rosé Ruinart qui est, dans la gamme des bruts, la cuvée la plus aboutie à mon sens, avec ces petites notes fruitées (cf le coffret) mais aussi acidulées et fraîches. Je trouve le Brut et le Blanc de Blancs plus en retrait.

Signé Clicquot

Direction Veuve Clicquot et l’immense bar aux couleurs de la maison installée dans la pièce principale. Le très ludique Suit Me occupait une large partie de l’espace. Et comme d’habitude chez Clicquot, le beau, le pratique et l’original se mêle pour donner naissance à un objet nouveau et audacieux. Après la très second degré Ponsardine, la maison Clicquot récidive avec talent.

Sous la housse isotherme se cache une bouteille surmontée d’un bouchon permettant de refermer la bouteille et de poursuivre la dégustation plus tard. Un bouchon dont la forme suggère un parapluie. Parfait pour transporter une bouteille avec une élégance toute britannique !

Ce moment fut aussi l’occasion de croiser Dominique Demarville, le chef de cave de la maison, et d’échanger quelques mots avec lui. J’en reparlerai lors d’un prochain post.

Tout ce qui brille…

Du côté du stand Moët et Chandon, j’ai retrouvé la traditionnelle débauche de scintillant. Deux éditions spéciales seront à l’honneur pour les fêtes. Le premier, le coffret Pointe de Diamant, est un chiller dans l’esprit des précédent Iso Box sortis par Moët les années précédentes. Tout en doré et en clinquant, c’est un parti pris esthétique qui ne m’emballe pas, tout comme les créations de la même lignée évoquaient selon moi un côté bling bling.

Le Jéroboam Or, si il reste lui aussi dans cette mouvance du doré à tout prix, a malgré tout bien plus d’allure et d’élégance. Le travail pour réalisé le fourreau de mailles dorées est plus que remarquable.

Réinterpréter et Transgresser

Un LVMH world tour conclut par le stand Dom Pérignon où l’édition limitée David Lynch avait le droit à tous les honneurs. Une œuvre qui ne laisse pas indifférent, mais qui n’emporte pas nécessairement tous les suffrages.

Personnellement j’ai eu du mal à me plonger dans l’univers et la vision singulière du cinéaste et il m’a fallu un certain temps avant d’apprécier cette création. L’utilisation et la réinterprétions des codes Dom Pérignon par David Lynch est totale, presque dérangeante, mais au final terriblement transgressive. Une édition définitivement engagée.

En 2012, le champagne sera numérique

Cette année devrait être celle du numérique pour le monde du champagne. Les premiers signaux sont apparus au cours de la fin de l’année 2011 avec notamment l’arrivée sur l’iPad et l’iPhone de l’application Ruinart permettant de visiter les crayères de la maison et de découvrir la gamme. Plus récemment c’est Veuve Clicquot, qui en plus de son appli, a lancé un site communautaire. Un site dont l’objectif est de permettre le partage de photos prises par les membres durant des évènements organisés par la maison rémoise. Affichées sous forme de mur d’images, ces photos sont consultables par tous, et liées à un petit texte qui décrit l’instant vécu. Le site sera également ouvert à des artistes, des créateurs ou des grands chefs qui apporteront une contribution singulière pour illustrer leur relation à la marque Veuve Clicquot. Une belle réalisation, futile, mais terriblement dans l’air du temps.

Le magazine Bollinger

Autre initiative de qualité : la mise en ligne d’un magazine électronique par la maison Bollinger. Entièrement consacré à la marque, son histoire, son patrimoine et ses cuvées, le journal est très agréable à consulter, élégant et raffiné. Je lui ferai simplement deux petits reproches : les articles sont un peu court, et en étant centré que sur la maison Bollinger, le magazine risque de devenir lassant. D’ailleurs on sent bien que si les articles ne s’éternisent pas, c’est aussi pour ne pas épuiser tous les sujets trop vite. A mon avis il gagnerait à s’ouvrir un peu aux univers jouxtant le champagne.
Enfin, la maison Mumm, disponible depuis peu sur Plus de Bulles, a lancé une application pour smartphones. Plus classique sur la forme et sur le fond, elle distille des conseils de service et de dégustation et décrit l’élaboration des vins de la maison, avec comme guide le Chef de Cave de la maison, Didier Mariotti. Un peu à la manière de ce que fait Pommery, un scan de l’étiquette d’une bouteille de Mumm ou du QR Code présent sur une pub donne accès à une vidéo de présentation de la cuvée en question.

La communication numérique

Autant d’initiatives qui soulignent la place de plus en plus importante prise par le numérique dans la communication des maisons de champagne. Elles ont bien compris que les consommateurs se tournaient de plus en plus vers le web pour découvrir des cuvées, prendre des informations, recueillir des avis, avant d’acheter en grande surface, chez un caviste ou sur Internet. Les applications pour tablette devraient se multiplier dans les mois à venir, et le web sous ses diverses formes devenir un support de communication majeur, même si la France fait toujours un peu office de mauvais élève avec sa fameuse loi Evin qui bride très sensiblement les possibilités et la créativité.

Goodies

Pas beaucoup le temps de blogguer ces derniers temps. C’est qu’être en vacances prend un temps fou ! Plus sérieusement, je suis très occupée par plusieurs projets et notamment par une collaboration avec Le Figaro pour leur guide des vins baptisé L’Avis du Vin. Je m’occupe de la partie consacrée au champagne bien entendu et cela me prend un énormément d’énergie. Près de 400 fiches et une soixantaine de textes sur les maisons à rédiger ! Parallèlement à ce gros travail, j’ai référencé de nouveaux vignerons sur le site : Françoise Bedel et Fabrice Pouillon, mais j’aurai l’occasion de leur consacrer un post plus approfondi pour les présenter. Enfin, je travaille aussi sur quelques aménagements graphiques pour Plus de Bulles qui devraient être en place en septembre. Par ailleurs, le site fonctionne très bien en ce moment, nous avons presque 3 fois plus de commandes que l’année dernière à la même période ! Un CA en forte hausse, mais aussi beaucoup de colis à préparer et à suivre.

Les lunettes Moët

Cela ne m’empêche pas malgré tout de garder un œil sur l’univers du champagne et de tomber sur deux curiosités signées LVMH. La première est l’oeuvre de Moët & Chandon. Il s’agit de lunettes de soleil créées en collaboration avec Mosley Tribes et baptisée « Rosé ». L’accessoire de mode est offert aux invités du Rosé Lounge, un bar itinérant où l’on peut déguster le Brut Rosé Moët & Chandon. Il est d’ailleurs intéressant de noter que la cuvée se nomme Nectar Impérial Rosé outre-Atlantique. Je me demande d’ailleurs si il s’agit strictement de la même cuvée que celle vendue en France ? Existe-t-il une différence de dosage ou même d’origine (produit aux Etats-Unis ?). Le Rosé Lounge a été inauguré à Washington en juin dernier et se déplace ensuite tout l’été de ville en ville avec notamment un passage par New York, Atlanta, Miami et Chicago.

La pétanque Clicquot

Autre maison appartenant au groupe de luxe français : Veuve Clicquot. La maison rémoise a organisé, là aussi aux Etats-Unis, un concours pour gagner un jeu de pétanque aux couleurs de la maison. Je trouve le kit très élégant, mais on dirait que les boules ne sont pas en métal, mais plutôt dans une matière plus souple… Je ne suis pas certaine que le kit soit homologué pour les mondiaux de pétanque de Marseille. C’est pas Perrier-Jouët qui aurait fait ça (rapport au fait que Perrier-Jouët appartient au groupe Ricard… vous aviez suivi hein ?).

Bref deux goodies signés de grandes maisons et qui ont la particularité d’être distribué sur le territoire américain. Sans allez chercher bien loin, on peut être certain qu’en France la loi Evin interdirait ce genre d’initiatives… Dommage.

Les bottes Clicquot

Botte veuve-CicquotPremier post de 2011 pour saluer une belle collaboration entre le champagne Veuve Clicquot et la marque DKNY (Donna Karan New York) découverte sur le site Carnet de bulles. Il s’agit d’une paire de bottes en caoutchouc éditée en série limitée créée pour marquer la quatrième saison de l’événement américain Clicquot in the Snow. Il s’agit d’une tournée promotionnelle organisée par la maison de champagne dans les grandes stations de ski. Les plus cyniques noteront que se balader à la montagne avec des bottes en caoutchouc n’est pas nécessairement une grande idée… Cette paire de bottes est commercialisée dans les boutiques DKNY de New York et de Londres contre environ 80 €. Pas forcement évidente à porter, certes moins sexy que les escarpins Louboutin designés pour Piper-Heidseick, je suis prête à parier que dans quelques années ces bottes seront devenues collector.

Ça sent le sapin

MoetNoël arrive et les maisons de champagne présentent les unes après les autres leurs coffrets pour de fin d’année. Ce traditionnel exercice se limite souvent à lancer un pack comprenant une bouteille et quelques flûtes… mais certaines maisons font preuve d’originalité… avec plus ou moins de réussite. Voici un petit passage en revue, non exhaustif, de ce qui vous attends en décembre…

Bling Bling

Ainsi chez Moët & Chandon, dans la lignée de ce qui avait été fait les années précédentes lance un Jéroboam de Brut Impérial habillé d’or par l’argenteur Arthus Bertrand. Edité à seulement 1743, c’est la date de naissance de la maison rémoise, ce Jéroboam (3 litres), est vendu 800 € et sera disponible chez Colette, la célèbre boutique parisienne. Je n’étais pas convaincu par les précédentes expériences bling bling de Moët, je dois dire que je ne le suis pas plus par celle-ci.

Champagne Graphic

RoedererDu côté de la maison Louis Roederer, on la joue plus sobre, avec une série spéciale, baptisée Graphic, de 3 étuis qui habillent le Brut Premier, des étuis disponibles chez Plus de Bulles. Cette série s’inspire des codes graphiques mis en place avec la récente campagne de communication de la maison, et sont, à mon avis, plutôt réussis, même si cela reste plutôt classique comme idée de coffret de fin d’année. Par contre, point de surcoût, ces étuis sont vendus au même prix que la cuvée Brut Premier Louis Roederer avec son étui traditionnel l’est habituellement, c’est-à-dire environ 32,50 € (en tous les cas sur Plus de Bulles !). A noter qu’il existe aussi un coffret regroupant les 3 déclinaisons de cet étui Graphic.

Habillé pour l’hiver

FeuillatteChez Nicolas Feuillatte, on a décidé d’habiller 3 cuvées avec des doudounes sur-mesure. Le Brut Rosé, le Blanc de Blancs et le Brut Réserve Particulière ont chacun un fourreau isotherme sur-mesure qui conserve la bouteille durant 2h. Je ne suis pas particulièrement emballée non plus par cette série qui, je trouve, manque de classe et d’élégance, mais à le mérite de joindre l’utile au (presque) beau. Cette série est vendue chez les cavistes et dans la grande distribution pour environ 35 €.

Rien que du classique

Pol-RogerEnfin chez Pol Roger et Ruinart, là non plus l’originalité n’est pas de mise puisque ce sont deux coffrets comprenant une bouteille et des flûtes (4 chez Pol Roger et 2 chez Ruinart) que l’on retrouvera sous le sapin. Le coffret signé Pol Roger a toutefois le mérite de permettre aux clients de choisir entre une bouteille de Brut Réserve ou une bouteille de Pure, un extra brut récemment lancé par la maison sparnatienne. Ce coffret est commercialisé entre 60 et 70 € en fonction de la cuvée choisie. Chez Ruinart, même classicisme, mais toujours avec la touche élégante et smart de la maison, c’est donc un coffret cartonné marron (à l’image des coffrets Trio) qui contient une bouteille de R de Ruinart et des flûtes dessinées pour la dégustation.

Mes coups de coeur

Shopping-bage-clicquotEnfin mention spéciale (comme d’habitude…) à la maison Veuve Clicquot et à son tout nouveau Shopping Bag, qui si il n’a rien de révolutionnaire en soit, décroche (assez facilement) la palme du design. Le prix du jury, lui va à la collection Andy Warhol Dom Pérignon. Je trouve que la marque a su jouer avec ses codes, a su bousculer son identité visuelle pour la faire basculer dans l’univers du célèbre artiste américain, et cela avec grand talent.

Clicquot remet le couvert

Apicius VCLa maison de Champagne Veuve Clicquot s’est de nouveau attaché les services du designer français Germain Bourré pour imaginer 3 « concepts gastronomiques » autour des cuvées Vintage de la maison rémoise : le Champagne Brut Vintage 2002, le Champagne Rich Vintage 2002 (un demi-sec) et le Champagne Rosé Vintage 2004. Des concepts qui ont ensuite pris vie sous les mains expertes de 3 chefs talentueux : Jean-Pierre Vigato (restaurant Apicius à Paris, 2 macarons Michelin), Mathieu Viannay (restaurant La Mère Brazier à Lyon, 2 macarons Michelin) et Maryan Gandon (restaurant Fairmount à Monaco).

La Mere BrazierCes 3 chefs ont chacun interprété la partition de Germain Bourré à leur façon, toujours dans le soucis de mettre en avant le code couleur de la maison Clicquot, et cela donne des plats aux noms aussi magique que nage marine d’huîtres, ris de veau forestier, bœuf carotte marqué au fer, mille-feuilles aérien ou verticale d’abricot sismique…

Plus qu’une opération de communication et de séduction, il est possible de goûter et de vivre l’expérience Vintage Time dans les restaurants des trois chefs.

Fairmont

>>> Une opération découverte sur l’excellent blog Carnet de Bulles

Le plus vieux champagne du monde n’est pas un Clicquot

Veuve1La maison Veuve Clicquot a bien fait de rester prudente au moment de l’annonce de la découverte en mer Blatique d’une trentaine de bouteilles de champagne datant probablement des années 1780. La présence d’une ancre sur la bouteille désignait pourtant la maison rémoise comme l’élaboratrice de ces précieux flacons.
Pour en avoir le cœur net, une des bouteilles remontées par les archéologues a été envoyée en France, chez Veuve Clicquot, où le chef de caves Dominique Demarville a pu déguster ce qui reste malgré tout le plus vieux champagne du monde.

Clicquot or not Clicquot

S’en suit couac dans la communication. Samedi le quotidien régional L’Union annonce que « le constat est sans appel, le plus vieux champagne du monde est bien du Veuve Clicquot. D’ailleurs, la prestigieuse maison de champagne nous en a fourni les preuves à travers un communiqué. », avant de publier en catimini un rectificatif dimanche : « À la suite de la parution d’un article sur l’authentification d’une bouteille de champagne retrouvée dans une épave, il y a un mois, le service de communication de Veuve Clicquot a tenu à apporter une précision. « le contenu du communiqué de presse précisait bien que le champagne retrouvé en mer Baltique n’était pas du Veuve Clicquot, mais au contraire du champagne de la Maison Juglar, une petite Maison chalonnaise qui n’existe plus depuis probablement un siècle ».

Une bouche impressionnante

Diver ChristianUn petit raté qui ne doit pas occulter l’essentiel : la passionnante dégustation faite par Dominique Demarville. « La couleur est d’un jaune doré intense, avec quelques reflets gris-brun. Le vin est assez clair, transparent, avec un aspect très légèrement troublé. Le liquide est assez fluide, non graisseux. Le goût est dominé en attaque par une sensation très sucrée. Une analyse ultérieure permettra de déterminer le niveau de sucre avec précision. Progressivement, l’acidité prend le dessus et une sensation fraîche envahit le palais. Au final, les notes fumées dominent la longueur en bouche, impressionnante et très marquée par les notes de tourbe et de tabac déjà trouvées au nez ». Une dégustation réalisée 15 jours après le repêchage et surtout la première ouverture de la bouteille. Et malgré un contact avec l’air, le champagne ne présente pas d’oxydation exagérée. Selon Christian Ekstrom (photo), le plongeur qui avait eu la chance de le goûter, le vin a gardé toutes ses caractéristiques constatées lors de la dégustation initiale, sauf l’effervescence qui a disparu.

La pression maintenait le bouchon

Le communiqué de la maison Clicquot apporte d’autres informations sur la bouteille et son état de conservation. «La forme de la bouteille se rapproche du modèle dit « Maubeuge », d’un poids de 940 g, d’une hauteur de 30 cm et d’une contenance totale de 83 cl (à ras). Elle est en verre soufflé, tournée manuellement, non moulée et présente un caractère irrégulier avec de nombreuses bulles dans le verre. Il s’agit donc selon toute vraisemblance d’une bouteille champenoise datant du premier tiers du XIXe siècle. La bouteille a été repêchée bouchée, mais le bouchon n’était retenu que par la pression (environ 6 bars) et ne présentait aucune trace d’agrafe, ni de muselet. L’hypothèse la plus probable est celle d’une ficelle qui s’est dégradée pour disparaître au fil du temps».

Une question d’ancre

Veuve2« Le bouchon, légèrement abîmé, est d’une hauteur de 4,2 cm et d’un poids de 10 g. La longueur du roule est de 2,1 cm et le diamètre de son miroir de 1,8 cm. Après séchage, l’ancre présente sur le miroir est bien visible, ainsi que la marque « Juglar », du nom d’une maison châlonnaise désormais disparue. » Veuve Clicquot en profite également pour préciser qu’elle est aujourd’hui, à sa connaissance, la seule maison de champagne à utiliser une ancre dans son emblème, et que celle-ci est une marque déposée depuis 1798. Voilà pourquoi la confusion a pu avoir lieu, et comment les spécialistes ont pu croire qu’il s’agissait de bouteilles de Veuve Clicquot.

Les fortunes du Champagne 2010

Dominique_Hériard_Dubreuil-2Comme l’année dernière et l’année d’avant je m’appuie sur le classement Challenges des fortunes françaises, pour faire mon petit classement des fortunes du Champagne. Un classement où la très grande majorité des acteurs voit leur patrimoine grossir après une forte baisse l’année lors du classement 2009.

Comme d’habitude, c’est Bernard Arnault qui ouvre ce classement champenois, et qui en profite même pour chiper la première place à Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan. Le patron de LVMH possède une fortune estimée à 22,7 milliards d’euros, en hausse de plus de 50% par rapport à l’année dernière. Le groupe LVMH possède des maisons parmi les plus belles de Champagne : Veuve Clicquot, Moët & Chandon, Krug, Ruinart ou Mercier.

Perrier-Jouët et Mumm en forme

Patrick Ricard conserve la seconde place au classement champenois et prend la 16e place du classement français avec une fortune estimée de 2,4 milliards d’euros en hausse de 40% ! Un chiffre d ‘autant plus impressionnant que Pactrick Ricard était l’une des rares personnalités du classement dont la fortune avait augmenté entre 2008 et 2009. Le groupe dont il possède la majorité détient les maisons de Champagne Perrier-Jouët et Mumm.

A la 38e place, on trouve la famille Chandon qui possède des actions du groupe LVMH, et qui profite donc logiquement du redressement de leur cours. Leur fortune est estimé à 1,1 milliard d’euros.

Les maisons familiales en hausse

Tout juste derrière (40e) se classe Dominique Hériard-Dubreuil (photo) et sa famille, avec une fortune qui a doublé en un an pour dépasser le milliard d’euros. La famille dirige le groupe Cointreau qui possède les maisons Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck.

Champagne-orA la 86e place se classe la famille Rouzaud, propriétaire des champagnes Roederer et Deutz, qui est à la tête d’une fortune de 450 000 euros, en hausse de 50%.

Le suivant est Jean-Jacques Frey, entrepreneur qui a fait fortune dans l’immobilier commercial, mais qui possède également un participation dans la maison Billecart-Salmon et dans plusieurs maisons bordelaises. Sa fortune est en légère hausse à 360 millions contre 337 millions d’euros en 2009.

La famille de Nonancourt (156e), propriétaire à 56% du groupe qui possède les marques Laurent-Perrier, Delamotte et Salon, voit son patrimoine remonter fortement après une baisse de 50% l’année dernière. Sa fortune est estimée à 227 millions d’euros.

A la 162e place arrivent Paul-François Vranken et sa famille, avec une fortune de 205 millions d’euros, en forte hausse, comme c’est original,  de 44%. Ils possèdent plusieurs maisons de champagne dont Pommery, Vranken, ou Heidsieck Monopole.

2010, année de le reprise ?

A la 190e place, on trouve Pierre-Emmanuel Taittinger, qui possède et dirige la célèbre maison de champagne. Sa fortune est estimée à 200 millions d’euros (+5%).

La famille Bollinger ferme ce top 200. Elle contrôle les maisons Bollinger et Ayala (qui totalisent 163 hectares de vigne) dont la valeur est estimée à 160 millions d’euros (+35%).

Suivent :

- 224e : Alain Thiénot, qui possède les marques Canard-Duchêne, Thiénot et des châteaux bordelais. Fortune 2010 : 150 M€ (+15%).

- 231e : Bruno Paillard, groupe Boizel Chanoine (Champagnes Boizel, Lanson, De Venoge, Philipponnat, Bruno Paillard…). Fortune 2010 144 M€ (+92%).

- 322e : Carol Duval-Leroy et sa famille, qui dirige le champagne Duval-Leroy (vignoble de 200 hectares). Fortune 2010 : 90 M€ (+32%).

- 502e : Philippe Baijot et sa famille, bras droit de Bruno Paillard, il possède 20% du groupe avec sa famille. Fortune 2010 : 52 M€ (+37%).

- 503e : Familles Pol-Roger et Billy, Champagne Pol-Roger, les héritiers des fondateurs possèdent les deux tiers de cette maison, que j’adore, installée à Epernay. Fortune 2010 : 51 M€ (+187%).

La Veuve 2.0

The SeasonLa maison Veuve Clicquot est décidément toujours en avance d’une tendance, peut-être pas à l’échelle de la planète techno, mais clairement à l’échelle de la Champagne.
Ainsi je viens de découvrir l’application iPhone gratuite développée par la filiale britannique de la maison rémoise. Une application iPhone baptisée The Season qui permet de visualiser tous les évènements chics et mondains (Wimbledon, Grand Prix d’Angleterre…).

Mais c’est en étant membre Club Season Veuve Clicquot (l’inscription est gratuite) que l’application prend tous son sens, puisque l’on bénéficie alors d’un service de conciergerie qui permet sur certains évènements (comme le tournoi de polo Gold Cup Veuve Clicquot), de commander une flûte de champagne depuis son siège en choisissant directement depuis l’appli la cuvée de son choix !

L’application permet également de vois si certains de vos amis, eux aussi Season Members, ont prévu de se rendre à tel ou tel évènement. Enfin, The Season recense les lieux les plus trendy où les cuvées maisons sont servies. Par contre aucun info sur ces cuvées, peut-être pour des raisons de législation sur l’alcool.

Clicquot proche de ses clients

The Season 2Une application, certes futile, mais qui permet à la maison rémoise d’avoir un contact privilégié avec ses certains de ses clients. Il faut aussi souligner que même si l’application ne regorge pas de fonction, point de vue design elle est très bien réalisée.
La maison Veuve Clicquot est également active sur les réseaux sociaux, et possède ainsi sa page Facebook et un compte Twitter, les deux étant gérées, semble-t-il, par la filiale américaine. Une présence qui permet de toucher un autre public, certainement plus jeune, que l’application iPhone, et qui permet là encore de rester en contact avec ses clients, d’échanger avec eux et de leur proposer des avant-premières et des moments privilégiés qui participent à renforcer l’attachement à la marque.
D’autres grandes maisons possèdent un blog, et plus rarement un compte Twitter, mais aucune n’est aussi présente que Veuve Clicquot, pourtant je suis prête à parier que dans les mois qui viennent cela va se généraliser.